Cynthia Lin

PA: Salut Cynthia et merci de nous accorder cette interview.

Cynthia:
Le plaisir est pour moi, et merci d’écouter ma musique

 

PA: J’ai cru comprendre que tu as  reçu ta première récompense musicale pour ton  interprétation de «  Are you sleeping » en mandarin à l’âge de 6 ans seulement. A partir de quand ou quel âge as-tu commencé ton aventure dans le monde de la musique ?


Cynthia:
Hé bien, j’ai commencé à chanter dès que j’ai pu parler, et  en tant qu’enfant, mon monde tournait autour de la performance artistique – leçon de piano, ballet, Gym, école de show. Mon rêve était d’être Madonna, j’adorais regarder des clips vidéos et apprendre les chorégraphies, surtout celles de Janet Jackson. A la fac, j’ai continué de chanter, danser, et jouer dans des pièces de théâtres, mais je n’avais jamais compté faire une carrière dans le show biz. Cela me semblait juste irréaliste. J’ai juste commencé à prendre la musique aux sérieux à l’âge de 25 ans, après avoir quitter mon job dans les logiciels et  faire des shows théâtrale ou musicale à plein temps.


PA:
Quels artistes a influencé, ou influence encore ta musique aujourd’hui?


Cynthia:
Les “indigo girls” ont été ma première inspiration – super harmonies, des chansons avec des paroles et des mélodies intéressantes mais assez facile pour que je puisses les jouer! On peut dire que j’ai appris la guitare en jouant les chansons d’ « indigo girls ». Tu peux écrire des tonnes de chansons avec de simples accords comme les leurs. Patty Griffin est un de mes favoris exemples, j’adore sa musique et j’aspire à ce genre musical.  J’ai appris à improviser et laisser ma voix faire ce qu’elle veut en écoutant des légendes du Jazz, spécialement Ella Fitzgerald et Nat King Cole. Les standards du jazz, et les classiques ( Cole porter, Harold Arlen) ont une influence majeur sur mon écriture. Dans ma vie, le plus important album de musique est « Joni Mitchell's Blue ». L’avoir écouter  a complètement libéré mon esprit et mes préjugés musicaux .Soudainement, j’étais permis d’utiliser mon meilleur registre. Les lyriques pouvait être poétique, te donner une forte émotion, tout était vrai et personnel. Je l’ai écouté en boucle pendant des jours et des jours… 

 

PA: Joues tu d’un instrument autre que la guitare?

Cynthia: J’ai étudié le piano à partir de 6 et cela jusqu’à l’âge de 16 ans, mais je n’ai jamais aimé m’entrainer. Pendant ma période jazzy, j’ai réussit à apprendre quelques enchainements jazzy, juste en faisant des bœufs avec des jazzmen. Récemment je suis retournée au piano pour écrire des chansons – c’est passionnant. C’est comme ci c’était un nouvel instrument pour moi.

 

PA: Tu es diplômé  en économie de l’université de Princeton , tu as eu un  boulot honnête dans une l’industrie du logiciel, et au final tu as décidé de tout laisser tomber pour poursuivre une carrière musicale. Quelle a été la plus grosse difficulté à prendre cette décision ? Ta famille a-t-elle accepté ton choix ? 

Cynthia: Je pense que c’est la question que l’on me pose le plus souvent, surtout de la part d’autre americains asiatiques, parcequ’ ils savent les attentes professionnels que les parents asiats attendent de leurs progénitures. Je ne détestais pas mon boulot – j’ai bossé dans une bonne ambiance, avec des gens intelligents, et gagner un salaire assez confortable. Mais ce n’était juste qu’ un job –  je me sentais comme une machine, investissant son temps, son énergie dans une entité impersonnel. Cela sonne peut être cliché, mais honnêtement je sentais qu’une partie de moi n’aspirait pas à ce genre de vie, je crois que c’était mon esprit créatif qui veut ça.   A un moment j’ai réalisé que le travail n’était pas tout dans la vie et que même mon travail n’était pas un gage de sureté quand ma compagnie a commencé une série de licenciements, bien que mon poste ait été sauvé. Mais la simple pensée d’être une sorte de pion que l’on peut à tout moment remplacer si on ne fait pas du bon boulot, c’est devenu une façon de penser qui ne me convient plus désormais. J’ai pleuré quand mes amis on été licencié. Je me sentais mal pour eux, eux qui avaient travaillé si dur, et qui au final n’ont rien récolté, j’ai donc perdu tout respect pour ce concept professionnel. J’ai voulu poursuivre quelque chose qui convenait à mon esprit et pouvait m’inspirer tous les jours. Et au bout d’un an j’ai décidé de démissionner. Avant ça j’allais bosser et en même temps j’essayais de trouver une nouvelle voie. Je me faisais de l’argent en jouant dans quelques pièces et comédies, je connaissais quelques acteurs qui vivaient de ça, mais j’étais juste effrayé de faire le grand saut. Jusqu’au jour où l’un de mes collègues m’a dit que la pire chose que je pouvais faire était de revenir dans la compagnie, en gros je n’étais pas loin du pire. Ce conseil m’a vraiment aidé, et lorsque j’ai rendu ma lettre de démission j’ai complètement sauté de joie.  
Bien sur, que ce n’est pas facile d’expliquer cela à des parent immigrés, qui ont travaillé toutes leurs vies pour donner à leurs gosses une vie meilleure. Mais j’étais déjà financièrement indépendante quand j’ai dit à mes parents que je quittais mon job pour poursuivre une carrière d’artiste. Ils ont compris, parceque j’ai chanté tout ma vie, et aussi parceque je ne voulais vraiment pas changer mon ma décision et ca se voyait ! Matériellement, ils m’ont dit qu’il n’y avait pas de problème à ce que je revienne vivre chez eux si besoin.  Ils ont légèrement essayé de me faire changer d’avis, cependant ils ont vu que je bossais dur pour accéder une notoriété.mon frère et ma sœur et mes cousins, bref toute la seconde génération d’asiatique américain ont été d’un support permanent.

 

PA: Quels sont les principaux obstacles que tu as rencontré en tant qu’américaine asiatique essayant de se faire un nom pour soi même, et sa musique aux USA ?

Cynthia: Tu sais, je dois dire qu’être asiatique américaine m’a aidé à capter l’attention sur la scène musicale. Nous ne sommes pas assez, et je pense que le public américain apprécierait  de voir plus d’artiste avec des origines asiatiques. Le seul barrage est un manque de mentor  ou de modèle, mais c’est la vie, et je me fiche d’être l’une des premières à forger le chemin.

  

PA: Quand et où touves tu l’inspiration pour tes chansons?

Cynthia: C’est facile, quand je voyage, en avions, trains, cars, bus, metros, j’observe les gens, et  j’ai le temps de réfléchir. J’écris aussi des chansons sur mes rêves, Je me réveil parfois au beau milieu de la nuit avec une chanson dans la tête et je l’enregistre sur le champ !

 

PA: Tu sembles être profondément inspiré par le jazz, le blues et la folk musique  et tu as mentionné dans un article que tu étais entrain de chercher le meilleur style pour ta musique. As-tu résolu ton problème ou es tu encore entrain de chercher ?

 

Cynthia: Mon souhait est que je sois toujours capable de me donner la liberté d’écrire tous styles de musiques. La meilleure définition de ce que je suis entrain d’écrire est une base de pop avec des accors de jazz et de folk. Chez un disquaire tu me trouveras dans le rayon pop, mais je pense que je chercherai toujours, ou ce ne sera plus marrant ou excitant.

  

PA: Ton premier album sera dans les bacs en 2006, as tu une date précise?

Cynthia: Non, c’est un mystère pour moi aussi; mais bientôt j’espère, je suis prête pour ca !

 

 

PA: Quel a été le jour le plus heureux de ta vie? Le plus mauvais?

Cynthia: Oula, compliqué! Bien, comme j’ai dit, j’étais folle de joie le jour ou j’ai quitté mon boulot. J’ai tellement de bon souvenirs à manger, rire avec ma famille et mes amis, et quand je rentre a la maison, je n’ai qu’une envie c’est de me relaxer avec mon copain et mon chat, et aller à la cuisiner pour cuisiner…c’est ma thérapie. Je vais peut être paraître accroc, mais le plus mauvais jour de ma vie a été le jour ou j’ai perdu un challenge de math que je devais gagner, et j’ai complètement perdu confiance en moi. Mon prof, ma famille, et mon école avait placé de grands espoirs en moi.

  

PA: Comment as-tu connu Vienna Teng?

Cynthia: Un ami a invité Vienna à jouer un concert à Washington DC et j’ai ouvert le show. Elle a été vraiment sympa, et j’ai été vraiment impressionné pas son aisance et son calme. On a joué ensemble une nouvelle fois en octobre dernier à Philly.

  

PA: Peux tu rapidement décrire à nos lecteurs ce qu’est un "Doppelganger" ? 

Cynthia: Ca vient de l’allemand pour “double-walker”, et ca voulait dire le jumeau démon. J’ai écrit cette chanson parceque j’ai aperçu ce mot,  lu la définition et étais intrigué par son sens, pas mal le mot non?

 

PA: Es tu déja allé en France ou en Europe? 

Cynthia: Oui j’aime la france! J’y suis avec la fac un été, je vivais à paris et appris le théâtre à l’école américaine de Paris. Je vivais au 7° étage dans une chambre de bonne dans le 17°. C’était une chambre minuscule, mais je m’en fichais un peu, j’étais trop excitée de vivre à Paris. J’aime la gastronomie française, surtout le fromage. Par contre, je n’ai pas trop apprécié les « cacas » de chien sur les trottoirs… 

 

 PA: Merci pour cette interview et bonne chance pour la suite !

 

 

 

 

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