Le Sillapa Muay Thaï,
Muay Thaï (thaï
มวยไทย), parfois appelé Boxe thaïlandaise est un
art martial créé pour les militaires au XVIe siècle. Cet
art permit aux Thaïlandais de repousser les Birmans lors
d'invasions.
Aujourd'hui,
la boxe thaïlandaise est pratiquée dans le monde entier
par des personnes de tous âges, et de tous niveaux.
Cet
art, dit dangereux, est tiré du Krabi Krabong qui, tout comme la boxe
thaïlandaise, nécessite des aptitudes physiques telles
que la souplesse, les réflexes, la puissance et la
force, mais aussi des aptitudes mentales comme le
respect.La pratique de la boxe thaïlandaise est
considérée comme sport national en Thaïlande. De nombreux petits clubs d'entraînement
parsèment le pays et accueillent les jeunes garçons à
partir de 7 ans. Les combats importants sont
régulièrement retransmis tous les samedis et dimanches
par les chaînes de télévision.
Le combat se déroule en 5
rounds de trois minutes. Il est précédé par une danse
rituelle: le Ram Muay durant laquelle le Nak Muay (boxeur)
porte le Mongkon (c'est une bande de tissu qu'il met
autour de la tête pour manifester le respect à son
entraineur et pour optimiser sa perception mentale), qui
est composé de gestes codifiés exécutés par les deux
adversaires individuellement et qui sont propres à
chaque clubs. Un petit orchestre composé d'un tambour,
d'une cymbale et d'une flûte nasillarde rythme les
rounds. Les coups permis sont : coups de poing, de coude,
de genou, de pied. Les corps à corps peuvent durer et
sont l'occasion de coups de genou, ils peuvent se
terminer par la mise à terre de l'adversaire ou être
interrompus par l'arbitre.
L'usage des coups de coude
est rare lors de la plupart des combats de boxe
thaïlandaise hors Thaïlande.
Les coups de pieds les plus
utilisés sont les coups de tibia circulaires, qui sont le « coup de base » du
boxeur thaïlandais.
HISTORIQUE
Naissance et
développement.
Naissance d'un art.
En 1411 à la mort du roi
Sen Muang Ma, ses deux fils Ki et Fang voulurent
s'emparer du pouvoir. Comme leurs armées respectives
n'arrivaient pas à se départager sur un champ de
bataille, ils décidèrent de régler leur conflit par un
duel. Chaque camp choisit son meilleur boxeur.
Finalement, l'homme de Fang fut battu, et Ki monta sur
le trône. La technique de combat de son «boxeur» fit
école...
La légende raconte qu'en
1767, en pleine guerre Birmano-Thaïlandaise,
Nai-Kha-Nom-Tom, soldat et boxeur fut prisonnier du camp
adverse et opposé à dix champions birmans qu'il mit K.O.
Devenu héros national, les Thaïlandais lui rende hommage
chaque année à l'occasion de la "Nuit des boxeurs".
Au 16ème siècle, le Muay
Thai faisait partie de l'entraînement militaire. Il
atteignit son plus haut degré de popularité au début du
18ème siècle, sous le règne de Pra Chao Sua, "le Roi Tigre". C'était le passe-temps
favori de la population ; chaque village organisait des
combats régulièrement. Le roi, qui était un boxeur de
première force s'amusait à défier les champions locaux !
A l'époque les combattants protégeaient leurs poings en
se bandant les mains avec du crin de cheval. Plus tard,
le crin fut remplacé par des bandes de coton maintenues
avec de la glue. On se servait de coquillages ou
d'écorces d'arbres, comme coquille ! Parfois, avec
l'accord des deux boxeurs, des morçeaux de verre pouvait
être amalgamé dans la glue des bandages.
A cette époque, les combats se déroulaient sans
catégories de poids ni de limite de temps.Trop mortelle,
la boxe thaïlandaise fut interdite en 1921. Puis, vers
1930, elle réapparut en adoptant les règles de
compétition et les techniques de poings de la boxe
anglaise (gants, ring, etc.). Le développement du
tourisme en Thaïlande la fit découvrir aux Occidentaux.
Elle est là-bas un enjeu social considérable pour la
jeunesse. Les combats se déroulent selon un rituel
fascinant. Les boxeurs, avant de combattre, se mettent à
genoux et prient. Et tout le match se déroule sur un
fond musical joué "en direct" par une petite formation
de musiciens thaïs.
Le Muay Thaï est la plus
ancienne des trois disciplines pieds-poings héritées des
techniques asiatiques. Elle s'est d'abord répandue en
Hollande puis est venue très vite en France concurrencer
le
Full-Contact dans sa version «garantie d'origine» et
dans sa version «japonaise», le
Kick-Boxing.
Utilisant les quatre armes,
le Muay Thaï est surtout un sport très complet. Il
suppose une très grande vigilance car le coup peut venir
de partout. Les saisies permettent au boxeur thaï de
souffler un peu. Quant aux projections, elles
n'apportent pas de points, elles sont seulement le moyen
de sortir d'un corps à corps (indépendamment de leur
impact psychologique).
Il a la réputation d'être
la plus violente des quatre disciplines pieds-poings -
opinion qui n'est pas partagée par les pratiquants
eux-mêmes, qui pensent même le contraire. On lui
reproche surtout de répandre l'idée que tous les coups
sont permis. Roger Paschy, un des pionniers de ce sport
en France en parle ainsi : " ...La Boxe Thaï (Muay Thaï)
ne peut être un sport que les gens qualifient à tort et
à travers de sport de voyou. Il nécessite beaucoup de
volonté et d'assiduité. Mais, comme dans toute activité
sportive, le professeur a un rôle fondamental dans la
formation de l'élève. L'état d'esprit de l'enseignant
aura une influence considérable sur le disciple".
Sport national et véritable
industrie,le Muay Thaï fait vivre environ 200 000
personnes "boxeurs, entraîneurs, commerçant, etc."
Cette gigantesque affaire
commerciale est géré par deux organisations composées de
promoteurs, qui organisent des combats tous les jours.
Le Lumpini, le stade le plus prestigieux et le plus
typique est géré par l'armée, tandis que le Radjadammoen,
plus moderne situé dans les quartiers chics de Bangkok,
est sous la tutelle du gouvernement.
Le nombre de pratiquants
est évalué à 100 000 et chaque semaine des centaines de
combats ont lieu à travers le pays
Demonstration de Muay Thai par 2 jeunes enfants
Son internationalisation.
En 1966 le maître
Kyokushinkai Kurosaki, défia un boxeur thaïlandais
et se fit battre lors du premier round par KO. A la
suite de ce combat il séjourna en Thaïlande plusieurs
mois, pour étudier le Muay Thaï. A son retour au Japon,
il introduit le Muay Thaï sous le nom de Kick Boxing.
Des français combattent en Kick Boxing ( le boxeur
français Guillaume, le karatéka Boutboul ). En 1975 P.
Brizon s'entraîne à Tokyo dans le club de Kurosaki, il
combat les meilleurs japonais. Il ouvre le premier club
de Kick Boxing à Clermont-Ferrand.
En 1980 Pud Pad Noy,
reconnu comme l'un des dix meilleurs boxeurs Thaï de
tous les temps, s'installe en France. Il y enseigne un
Muay Thaï authentique. Depuis cette date le terme Kick
Boxing est abandonné, il est remplacé par le Muay Thaï
ou Boxe Thaïlandaise.
Les télévisions du monde
entier retransmettent les grands combats de Muay Thaï
particulièrement le spectaculaire K1 au Japon avec ses
20 000 spectateurs et ses bourses de plus de 200 000$.
[
LES REGLES
L'organisation
sportive de la boxe thaï se subdivise en de nombreux
sigles et fédérations, si bien que le règlement peut
revêtir des formulations diverses. Les règles
reproduites ici sont extraites de celui appliqué dans
les stades Thaïlandais.
Ring
Le ring, qui mesure entre 5
et 7 mètres de coté, doit être entouré de 3 rangés de
cordes minimum. Le plancher sera doublé d'un matériau
moelleux et élastique, de 4cm d'épaisseur, et recouvert
de toile.
Tenue vestimentaire des combattants
Les boxeurs se présenteront
dans une tenue appropriée au combat, ce composant d'un
short et d'un suspensoir pour la coquille. Ils doivent
combattre pieds-nu, mais sont autorisés a porté des
chevillières. Ils peuvent noués un ruban autour d'un ou
des deux biceps. La coiffure sacrée ( Mongkon ) est
permise durant les phases préliminaires et rituelles,
mais doit être retirée avant le début du combat.
Bandages et gants.
Les jointures seront
protégées par une bande élastique de trois mètres, fixée
avec du ruban adhésif. Les gants peuvent aller de la
taille 6 à la taille 12.
Poids.
Les opérations de pesée
s'effectuent en présence de l'adversaire et de ses
assistants, et se déroulent au moins 4 heures avant la
rencontre. Un médecin exécutera ensuite un contrôle
physique général.
Round.
Les matchs officiels
comptent 5 reprises de 3 minutes d'intervalle entre
chaque round.
Assistants.
Chaque combattants peut
être accompagné de 2 assistants.
Score.
Les points sont attribués
selon des critères de :
Technique, précision,
puissance et dommage engendré par chaque coups ( de
poing, de pied, de coude, de genoux );
Habileté défensive;
Agressivité et
habileté à l'attaque;
égalité : 10
points à chacun des 2,
léger avantage :
10 points à 9,
avantage net : 10
points à 8,
avantage écrasant :
10 points à 7
Quand les boxeurs obtiennent le même nombre de points,
la victoire revient à celui jugé le plus agressif.
L'arbitre est autorisé à
retirer un point chaque fois que le combattant commet
une faute.
Arbitres et Juges.
La décision finale est du
ressort d'un arbitre et de deux juges, qui remplissent
leurs bulletins respectifs a la fin de chaque reprises,
et qui se prononcent après le dernier round.
Irrégularités
Frapper l'adversaire
quand il est a terre, lorsqu'il est en train de se
relever ou bien après la fin du round.
tirer les cheveux.
frapper avec la tête.
mordre ou cracher.
frapper l'œil avec le
pouce.
prendre appuie sur les
cordes.
combattre en se tenant
a une corde.
éviter malicieusement
les attaques de l'adversaire, en feignant par
exemple de tomber, de glisser sous les cordes ou de
se cacher derrière l'arbitre.
frapper
intentionnellement les organes génitaux.
commettre n'importe
quelle action incorrecte susceptible de blesser
l'adversaire.
Un combattant qui commet
une faute sans toute fois causer un handicap ou infliger
une blessure a l'adversaire recevra un avertissement
oral et sera pénaliser de 1 point.
Le combattant qui commet
volontairement une irrégularité désavantageant ou
blessant l'adversaire peut perdre le match pour faute ou
être disqualifié par l'arbitre, sans préavis s'il
réitère son attitude durant la rencontre.
En cas de faute
involontaire empêchant la poursuite du combat, l'arbitre
arrête la rencontre; il attribuera donc la victoire par
K-O technique au boxeur ayant obtenu le score le plus
élevé, ou bien déclarera le match nul en cas d'égalité
des points.
Un athlète peut se plaindre
d'avoir subi une irrégularité au près de l'arbitre, qui
prendra immédiatement une décision: s'il estime que la
faute ne rentre pas dans le cadre de celles énumérées
plus haut, le combattant continuera.
Décision
La victoire est proclamé :
aux points,
par K-O : l'adversaire
tombé a terre ne se relève pas dans les 10 secondes,
par K-O technique :
l'arbitre interrompt le combat parce qu'un athlète
n'est pas en état
de continué,
ne se présente pas
après le son du gong,
est victime d'une
blessure qui l'empêche de poursuivre le combat,
par décision du
médecin, suite a une blessure;
par abandon : l'un des
combattants déclare ne pas vouloir continué le
combat,
par disqualification
de l'adversaire pour faute grave,
par décision des
juges : le combat une fois terminé, les juges
attribuent la victoire au boxeur ayant obtenu le
score le plus élevé.
Victoire
à l'unanimité : 3
votes favorables;
à la majorité : 2
votes favorable et un contraire;
match nul :
si telle est la
décision de 2 juges sur 3;
si les avis des
juges sont tous discordants;
“No Contest” :
Si telle est la
décision des juges sur demande du président,
parce que les 2 athlètes combattent de manière
incorrecte ou évitent l'affrontement.
Quand un
combattant se retrouve au sol, l'arbitre ordonne
a son adversaire d'aller dans le coin neutre, et
commence immédiatement a compter de 1 a 10.
Si le boxeur qui a
envoyé son adversaire a terre n'obéit pas, il
arrête de compter, réitère son ordre et attend
que ce dernier ait produit son effet pour
reprendre le compte des secondes;
Si le boxeur tombé
a terre pendant le compte ou bien avant d'être
compté 8, le combattant pourra poursuivre;
Si le boxeur tombé
a terre n'est pas en état de poursuivre le
combat, il doit continué de compter jusqu'à 10;
Si le boxeur tombé
a terre se relève avant d'être compté 10, puit
tombe de nouveau, il doit recommencer à compter
les secondes;
Si les deux
boxeurs tombent a terre :
Il commence a
compter et ne s'arrête pas si l'un des deux
se relève;
Il déclare le
match nul si a 10, aucun des deux ne se
relève.
La cloche ne sauve pas le boxeur tombé a terre du comte
des secondes, sauf au dernier round.
A la fin du compte des
secondes, le boxeur en état de poursuivre le combat sera
déclaré vainqueur.
Catégories Professionnelles:
Mouche 48 kg à 50,802 kg
Coq 50,802 kg à 53,524 kg
Plume 53,524 kg à 57,152 kg
Léger 57,152 kg à 61,235 kg
Mi-moyen 61,235 kg à 66,678
kg
Moyen 66,678 kg à 72,574 kg
Mi-lourd 72,574 kg à 79,378
kg
Lourd au-dessus de 79,378
kg
Buakaw Por
Pramuk a l'entrainement pour le tournoi du K-1 Max
[
LES TECHNIQUES
L'art du Muay Thaï
passe par la maîtrise de l'ensemble de ces mouvements :
Techniques de pieds :
Low-Kick : Coup
de pied bas, circulaire, donné avec le tibias qui
s'effectue sur la cuisse de son adversaire. Il
peut-être intérieur (entre-jambe) ou extérieur.
Middle-Kick :
Coup de pied, circulaire, donné avec le tibias qui
s'effectue sur les côtes flottantes de son
adversaire.
High-Kick :
Coup de pied haut, circulaire, donné avec le tarse
qui s'effectue sur le visage de son adversaire.
Front-Kick :
Coup de pied direct, donné avec le plat du pied qui
s'effectue sur le buste de son adversaire.
Techniques de poings :
Direct : Coup
droit, donné avec le poing qui s'effectue sur le
visage ( ou dans le foie) de son adversaire.
Crochet : Coup
de poing, demi-circulaire qui s'effectue sur le
visage ( ou dans le foie) de son adversaire.
Uppercut : Coup
de poing, donné de bas en haut qui s'effectue sous
le menton ( ou dans le foie) de son adversaire.
Technique de genoux :
Action qui consiste à
porter un coup à l'aide du genoux, à son adversaire.
Outre les coups de genoux lors du combat, son
intervention est primordiale dans le contexte d'un
corps à corps.
Technique de coude :
Il en existe une
quinzaine ; direct, sauté, retourné, circulaire,
plongeant, remontant, ... Action qui consiste à porter
un coup à l'aide du coude, à son adversaire.
Technique de corps à corps :
- Lutte de très près, qui
consiste à être directement en prise avec l'adversaire.
On peut employé le corps à corps pour soit se reposer un
peu en collant l'autre boxeur, ou soit au contraire le
fatigué en effectuant des coups de genoux dans les
côtes.
Technique de projection et de fauchage :
Projection :
Action qui consiste à projeter le corps de son
adversaire afin de sortir d'un corps à corps.
Fauchage :
Action qui consiste à renverser par un coup de pied
bas, circulaire, son adversaire.
Technique de blocage et de saisie :
Blocage :
Action qui consiste à empêcher qu'un coup atteigne
son point visé. Blocage avec mains ou avec tibia.
Saisie : Action
qui consiste à prendre un coup avec la ou les mains,
d'un mouvement rapide pour le tenir et ainsi le
contre-attaquer.
Technique d'esquive :
- Mouvement du corps pour
éviter adroitement un coup.
Technique de Muay Thai & KO's
Oeuvres associées
Le film thaïlandais
Ong-bak a permis de découvrir de nombreux talents
comme Panom Yeerum (Tony Jaa) ou Quang-Thi.
Le film thaïlandais
Beautiful Boxer retrace la vie d'un champion
de boxe thaïe transexuel qui ayant fini sa carrière changera
de sexe. Cette histoire est basée sur l'histoire
réelle du champion Nong Toom.
Le film français
Chok Dee (bonne chance, en thaï) raconte la vie de
Dida Diafat, jeune beur d'une cité
française, qui à force de volonté est devenu
champion du monde de boxe thaïlandaise.
Le
manga Noritaka, plus humoristique que
culturellement essentiel, raconte les débuts d'un
jeune lycéen Japonais entraîné par une ancienne star
du muay thaï aux méthodes plutot désinvoltes.